Moins fréquenté que Cassis, ce village provençal cache des criques parmi les plus belles du littoral

Village de pierre au bord de la mer turquoise, falaises calcaires

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Cassis attire chaque été des centaines de milliers de visiteurs pour ses calanques mythiques. Mais à quelques kilomètres à peine, un village provençal préserve des criques d’une beauté comparable — sinon supérieure — dans une discrétion presque insolente. Moins de foule, des eaux turquoise intactes, des sentiers encore sauvages : voici ce que j’ai découvert en poussant un peu plus loin sur la côte varoise.

Le Brusc, village discret aux portes d’un littoral préservé

Je me souviens de mon arrivée au Brusc par une matinée de septembre. La route longe la presqu’île de Six-Fours-les-Plages, et soudain, les collines de pins et de garrigue s’ouvrent sur une vue que je n’avais franchement pas anticipée. Le village du Brusc, rattaché administrativement à la commune de Six-Fours-les-Plages dans le Var, n’a rien du cirque touristique habituel. Pas de cars garés en triple file, pas de boutiques à souvenir qui débordent sur les trottoirs. Juste un port de pêche authentique, quelques barques colorées qui se balancent doucement, et cette lumière rasante du matin qui transforme la mer en nacre.

Comparé à Cassis — qui enregistre plus de 1,2 million de visiteurs par an selon les données de l’office de tourisme local —, le Brusc reste une curiosité confidentielle. La majorité des voyageurs qui font la route entre Marseille et Toulon passent devant sans s’arrêter. C’est précisément ce qui en fait l’un des endroits les plus précieux que j’aie visités sur ce littoral.

Le village lui-même mérite qu’on s’y attarde avant de filer vers les criques. Le port abrite encore une activité de pêche réelle, et les pointus — ces barques traditionnelles provençales à fond plat — y sont nombreux. Face au quai, l’île des Embiez, propriété historique de la famille Ricard puis désormais gérée par la Fondation Paul Ricard, se distingue à moins de 500 mètres. Un bout de terre accessible en navette qui abrite un océanographique et des vignes. Le cadre est saisissant de simplicité.

Des criques confidentielles qui rivalisent avec les calanques de Cassis

C’est en empruntant le sentier du littoral depuis le port du Brusc que j’ai compris pourquoi certains initiés gardent jalousement ce coin secret. Le chemin, balisé mais loin d’être surexploité, longe la presqu’île sur plusieurs kilomètres en direction du cap Sicié. Les criques se succèdent, chacune avec son caractère propre.

La crique des Capucins arrive en premier, après environ 25 minutes de marche. Petite, encaissée entre deux avancées rocheuses calcaires, elle offre une eau d’une transparence déconcertante. J’y ai plongé un matin de semaine : j’étais seul. À Cassis, obtenir un emplacement sur une plage en juillet relève parfois du sport de combat.

Plus loin, la Grande Crique mérite vraiment son nom. L’anse s’ouvre plus largement, les fonds passent progressivement du vert menthe au bleu profond. Le sable est mêlé de petits galets polis — typique du littoral varois —, et les roches qui encadrent la baie forment des plateformes naturelles idéales pour bronzer ou observer les plongeurs en apnée. J’ai rencontré là un pêcheur à la retraite de Six-Fours qui venait y passer ses matinées depuis trente ans. Selon lui, la fréquentation n’a quasiment pas augmenté depuis les années 1990. Un luxe rare sur ce littoral.

L’accès à pied reste la meilleure option. En voiture, le stationnement autour du Brusc est limité — comptez environ 5 euros pour la journée dans les parkings payants du port — mais gérable hors saison. En juillet-août, mieux vaut arriver avant 9h ou opter pour le vélo depuis Six-Fours, à moins de 4 kilomètres.

Pourquoi ce village échappe encore au tourisme de masse

Plusieurs facteurs expliquent cette discrétion relative. D’abord, le Brusc n’a pas de « nom de marque » comme Cassis, dont la notoriété est ancrée depuis des décennies dans l’imaginaire collectif. Ensuite, l’absence de grandes infrastructures hôtelières maintient les flux à un niveau raisonnable. Le village compte essentiellement des locations saisonnières et des résidences secondaires, sans hôtel de standing susceptible d’attirer les circuits organisés.

Il y a aussi une question d’accessibilité narrative. Les calanques de Cassis bénéficient d’une protection officielle — le Parc national des Calanques, créé en 2012, en a fait un argument marketing puissant. Le Brusc, lui, n’a pas ce label. Ses criques relèvent du sentier du littoral, un itinéraire moins médiatisé malgré sa beauté équivalente.

J’y reviendrai, c’est certain. Il y a quelque chose dans cette façon qu’a le Brusc de livrer ses beautés sans les mettre en scène qui me touche profondément. Les voyageurs curieux, ceux qui préfèrent le frisson de la découverte personnelle aux spots Instagram balisés, trouveront ici exactement ce qu’ils cherchent.

Aller plus loin : naviguer jusqu’à l’île des Embiez pour un autre regard sur la côte

Si vous voulez prolonger l’expérience, prenez le temps de traverser jusqu’à l’île des Embiez. La navette part du port du Brusc toutes les 30 minutes environ en saison, pour un aller-retour autour de 9 euros. Depuis l’île, la perspective sur la presqu’île et les criques que vous venez de parcourir est radicalement différente — et franchement spectaculaire.

L’île abrite également l’Institut océanographique Paul Ricard, où des animations autour de la faune marine méditerranéenne sont organisées régulièrement. C’est un angle que peu de visiteurs de passage étudient, et qui donne une dimension supplémentaire à la journée. La mer n’est plus seulement un décor : elle devient un sujet.

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Le village que je vous décris depuis le début de cet article, c’est donc bien Le Brusc, hameau maritime de Six-Fours-les-Plages. Peu connu, peu couru, et pourtant inoubliable. Si vous l’avez déjà découvert ou si vous comptez vous y rendre prochainement, partagez votre expérience en commentaire — ou contactez-moi directement. Ces échanges sont souvent les plus beaux prolongements d’un voyage.

Romain
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Photos à but illustratif et non représentatives

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