Je me souviens encore de cette journée où, parcourant les cartes de Naples pour planifier mon prochain périple, je suis tombé sur Secondigliano. Les récits que j’avais lus me glaçaient déjà le sang : ce quartier du nord de Naples fait partie des zones les plus dangereuses d’Europe occidentale, totalement contrôlé par la Camorra. L’emprise criminelle y est si puissante que les autorités n’y maintiennent qu’une présence symbolique. La violence endémique, les trafics omniprésents et les statistiques alarmantes témoignent d’une réalité sociale dramatique que je vais vous exposer avec la plus grande transparence. Je vais vous détailler la géographie du quartier, documenter l’emprise mafieuse qui le paralyse, analyser les chiffres de la criminalité, vous transmettre les recommandations de sécurité essentielles et décrypter le contexte socio-économique qui explique cette situation désespérante. Soyons clairs dès maintenant : Secondigliano ne présente aucun intérêt touristique et doit être évité absolument.
Géographie et histoire de Secondigliano
Secondigliano se trouve au nord de Naples, dans la septième municipalité napolitaine, à environ cinq à huit kilomètres du centre ville. Cette zone s’étend sur douze kilomètres carrés et compte approximativement 41 350 habitants. Située à 105 mètres d’altitude, elle offre une vue sur la baie de Naples, détail presque ironique au regard de la misère qui règne dans ses rues.
Le Corso Secondigliano traverse cette zone, constituant l’artère commerciale principale qui relie San Pietro a Patierno et Scampia. Avant son rattachement à Naples en 1926, Secondigliano était un village agricole prospère où les cultures méditerranéennes s’épanouissaient paisiblement. L’urbanisation massive des années 1950 a bouleversé ce paysage rural avec une brutalité administrative déconcertante.
Cette transformation précipitée a laissé place à des bâtiments vétustes et des infrastructures vieillissantes. Les constructions ont poussé sans planification véritable, créant un territoire dense et étouffant. Cette évolution urbaine chaotique a généré les conditions sociales favorables au développement de la criminalité organisée qui domine aujourd’hui complètement le quartier.
L’emprise totale de la Camorra sur Secondigliano
Depuis les années 1990, la Camorra domine totalement Secondigliano. L’Alliance de Secondigliano, née d’une scission sanglante du clan Di Lauro, contrôle le trafic de cocaïne, l’importation de drogue sud-américaine et les activités d’extorsion dans cette zone. Paolo Di Lauro, surnommé Ciruzzo ‘o milionario, figurait parmi les parrains les plus puissants de la région napolitaine.
Maurizio Prestieri, ancien bras droit de Paolo Di Lauro, était accusé d’avoir commandité environ trente meurtres avant de collaborer avec la justice en 2007. La guerre de la Camorra entre 2004 et 2006 a particulièrement marqué ce territoire, causant 100 morts en seulement 18 mois. Cette période sanglante a définitivement établi la réputation sulfureuse de Secondigliano comme l’une des zones les plus dangereuses d’Europe occidentale.
Plus récemment, la mort en prison du parrain Gennaro Licciardi a rompu tous les équilibres, déclenchant une guerre entre près de dix clans composés d’une soixantaine de membres chacun. Les activités criminelles incluent le racket, la prostitution, la contrebande de cigarettes, le trafic d’armes et surtout le commerce de stupéfiants. Le territoire est sous emprise criminelle totale, les autorités publiques n’y maintenant qu’une présence symbolique et intermittente.
Statistiques de criminalité alarmantes
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Indice de criminalité à Naples | 62,87 (Numbeo 2024) |
| Rang européen continental | 5ème position |
| Infractions pour 100 000 résidents | 4 576 cas |
| Vols à l’arraché pour 100 000 habitants | 2 197,8 cas |
| Personnes identifiées avec casiers judiciaires | 48 sur 104 contrôlées |
L’indice de criminalité à Naples atteint 62,87 selon Numbeo 2024, avec des préoccupations particulières concernant les vols dans les véhicules évalués à 69,57. Naples occupe le cinquième rang continental européen pour la criminalité avec un score de 62,10. Elle se situe au douzième rang national italien avec 4 576 infractions pour 100 000 résidents, derrière Milan, Rome et Florence, mais devant Londres et Paris.
Les contrôles renforcés des forces de l’ordre ont permis d’identifier 104 personnes à Secondigliano, dont 48 possédant des casiers judiciaires. Les saisies récentes de stupéfiants incluent notamment quatorze blocs d’herbe confisqués lors d’opérations policières. Des coups de feu ont récemment visé la maison d’un repenti, et un mineur a été arrêté en possession d’un couteau.
Malgré une baisse de 6% des vols en 2024 et une réduction de 17,75% des cambriolages, ces chiffres restent largement insuffisants face à l’ampleur du problème sécuritaire. Soixante-dix-huit pour cent des infractions enregistrées correspondent à de la délinquance classique urbaine.
Contexte social et économique désastreux
Le taux de chômage des jeunes atteint 43% à Secondigliano, contre une moyenne nationale italienne de 21%. Le chômage général dans le quartier grimpe jusqu’à 70% selon certaines estimations, créant un terreau favorable au recrutement criminel. L’abandon scolaire touche 23% des jeunes napolitains, un chiffre qui témoigne de l’effondrement du système éducatif local.
Une enquête menée sur 10 200 élèves révèle que 64,8% des jeunes de Secondigliano refusent de s’opposer à la Camorra. Plus inquiétant encore, 500 cas de port d’armes ont été déclarés parmi les élèves sondés. Sur 18 860 élèves inscrits dans les deux premières années de lycée, 681 n’ont jamais fréquenté les cours et 2 551 présentent plus de 25% d’absences.
La pauvreté endémique et le manque de perspectives professionnelles poussent les jeunes vers la délinquance. Les difficultés économiques maintiennent un climat social explosif et favorisent continuellement le recrutement par les organisations mafieuses. Cette situation crée un cercle vicieux dont les habitants peinent à s’extraire, générant frustration collective et violence quotidienne.
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Recommandations de sécurité impératives pour Secondigliano
L’évitement catégorique de Secondigliano est recommandé, particulièrement après 19 heures. Je ne saurais trop insister sur ce point : ne vous aventurez jamais dans ce quartier. Gardez vos affaires personnelles constamment à l’abri des regards, évitez absolument de photographier les habitants sans leur permission explicite, utilisez exclusivement des taxis officiels avec licence visible et ne négociez jamais avec des inconnus.
Il n’existe aucun monument majeur ni attraction touristique incontournable à Secondigliano. Le quartier ne présente aucun intérêt touristique légitime et expose les visiteurs à des dangers réels et immédiats. Contrairement à d’autres secteurs urbains difficiles, notamment le quartier Olympiades à Paris où les perceptions diffèrent parfois de la réalité, Secondigliano constitue une menace authentique et documentée.
En cas de danger, dirigez-vous vers les commerces éclairés ou les arrêts de bus bondés. Mieux vaut rejoindre immédiatement votre hébergement dès la sortie de la gare et éviter de vous attarder. Ces recommandations correspondent à la réalité documentée du quartier et à l’emprise criminelle qui s’y exerce quotidiennement sans opposition effective.
- Garder ses objets de valeur hors de vue
- Éviter toute interaction avec des inconnus
- Privilégier les transports officiels avec licence
- Ne jamais circuler après la tombée de la nuit
- Se renseigner auprès des autorités locales avant tout déplacement
Impact de la série Gomorra sur le tourisme
Le succès colossal de la série Gomorra sur Canal Plus a transformé la perception de Naples à l’international. En Italie, la série suit les aventures sanglantes de clans de la Camorra et s’avère plus populaire que Game of Thrones. À l’étranger, elle est perçue comme la série italienne par excellence. Le tournage s’est déroulé à Scampia et Secondigliano, sur les lieux réels des événements qui inspirent le scénario.
Ce succès attire des touristes demandant des visites organisées de Scampia ou des cartes des lieux d’assassinats mafieux. Flora, Diana et Ariana, qui travaillent à l’office du tourisme, expliquent que ces demandes ne constituent pas une blague pour elles. Ces quartiers sont dangereusement réels et incarnent une réalité sociale très dure et complexe.
Elles ont été partiellement soulagées que la saison 3 se déroule en partie loin de la Campanie, du côté de Lyulin en Bulgarie. Vincenzo Esposito, figurant de 16 ans dans la série, a été arrêté en 2014 pour agression au couteau à Naples, puis placé en maison de correction. Son parcours personnel semble calqué sur le destin malheureux de son personnage de membre de la baby Camorra.
Vouloir visiter les crimes de la mafia est de très mauvais goût. La série, malgré sa qualité haletante, romanise une réalité qui ne devrait jamais être transformée en attraction touristique. Ceux qui sont attirés par cette curiosité malsaine restent heureusement une infime minorité.
Quartiers sûrs de Naples en alternative
Face aux défis sécuritaires, Naples déploie heureusement de vastes territoires où l’art de vivre méditerranéen s’exprime dans un cadre parfaitement sécurisé. Chiaia s’impose comme le secteur le plus sûr de Naples, quartier chic étalé entre front de mer et premières collines. On y trouve tous les magasins de luxe, la Via dei Mille et la promenade Caracciolo maintenant une animation sophistiquée vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Vomero, perché sur les hauteurs occidentales, offre sécurité absolue et panoramas exceptionnels sur le golfe et le Vésuve. Ce quartier résidentiel de style Liberty est accessible par trois funiculaires historiques et la ligne 1 du métro. La présence du Castel Sant’Elmo et de la Chartreuse San Martino crée une animation culturelle permanente.
Posillipo incarne le sommet de la sécurité napolitaine avec ses villas historiques, ses jardins privés et ses accès privilégiés aux criques naturelles. Mergellina se trouve juste à côté de Chiaia, bien que légèrement éloignée des sites touristiques. Spaccanapoli, dans le centre historique, constitue une alternative viable pour découvrir Naples en toute sécurité tout en profitant de l’authenticité napolitaine.
Photos à but illustratif et non représentatives


