Posez la question autour de vous : personne ne sait comment on appelle les habitants du Vatican. Et pour cause, il n’existe aucun gentilé officiel pour désigner les résidents de ce minuscule État enclavé dans Rome. C’est une curiosité que j’ai découverte lors de ma première visite à la Cité du Vatican, en cherchant simplement comment nommer correctement les gens qui y vivent. Bilan : un vide linguistique total, là où chaque pays du monde possède son propre terme.
La population vaticane intrigue autant par sa taille que par sa composition. Ce micro-État de 0,439 kilomètre carré héberge une communauté hors normes, constituée principalement de membres du clergé, de gardes suisses et d’une poignée de fonctionnaires laïcs. Sa citoyenneté fonctionne selon des règles que l’on ne retrouve nulle part ailleurs sur la planète.
Cet article visite la question sous tous ses angles : qui sont vraiment ces habitants, combien sont-ils, comment fonctionne leur statut, et quels termes emploie-t-on pour les désigner au quotidien ?
Citoyens et résidents du Vatican : deux statuts bien distincts
La citoyenneté vaticane, un statut temporaire et fonctionnel
La citoyenneté vaticane n’a rien à voir avec une nationalité classique. Elle ne s’hérite pas, ne se transmet pas à la naissance. Ni droit du sol, ni droit du sang : c’est le pape lui-même qui l’accorde, au cas par cas, pour la durée d’une mission au service de l’Église catholique.
Dès que la fonction prend fin, la citoyenneté disparaît automatiquement. Un cardinal nommé à Rome devient citoyen du Vatican ; à sa retraite ou à son décès, ce statut s’éteint. Chaque citoyen conserve sa nationalité d’origine en parallèle, ce qui fait de tous les habitants du Saint-Siège des personnes obligatoirement binationales. Cette logique fonctionnelle explique en grande partie la composition atypique de la population.
Les résidents étrangers présents sur le territoire
Il faut distinguer deux catégories parmi ceux qui vivent dans cet État. D’un côté les citoyens vaticans, de l’autre les résidents étrangers, qui séjournent sur le territoire sans détenir la citoyenneté.
En février 2019, la population résidente s’élevait à 453 personnes : 54,3 % étaient citoyens, et 45,7 % résidaient en tant qu’étrangers. Sur les 618 citoyens officiellement recensés à cette date, seulement 246 habitaient réellement le territoire, soit un taux de résidence de 39,8 %. Les 60,2 % restants vivaient à l’étranger, notamment dans les représentations diplomatiques et les nonciatures du Saint-Siège. Ces chiffres traduisent bien la nature particulière de cet État : beaucoup de ses citoyens exercent leur mission en dehors de ses murs.
Qui compose réellement la population du Vatican ?
Les membres du clergé à la croisée de la population
17 cardinaux résidaient officiellement au Vatican en février 2019, aux côtés du pape lui-même. Les ecclésiastiques, qu’il s’agisse d’évêques, de prêtres ou de religieuses, forment le noyau permanent de cette communauté hors du commun. Ce sont eux qui assurent la continuité institutionnelle de la Cité du Vatican et qui incarnent, au quotidien, la nature théocratique de cet État unique.
Le clergé n’est pas un groupe uniforme. Certains membres occupent des fonctions hautement diplomatiques au sein du Saint-Siège, d’autres gèrent les musées, les archives ou la bibliothèque apostolique. La diversité des missions confiées aux ecclésiastiques contribue directement à la richesse culturelle de cette population si particulière.
Les laïcs et les travailleurs pendulaires
Des fonctionnaires laïcs résident également sur le territoire, même si leur nombre reste marginal. Jardiniers en chef, électriciens, techniciens : ces métiers existent bel et bien au Vatican. J’ai d’ailleurs toujours été surpris d’apprendre qu’en 2013, 13 familles vivaient sur place, incluant celle du jardinier et celle de l’électricien en chef.
Environ 4 700 personnes travaillaient au Vatican en journée en 2013 sans y résider, formant une population de migrants pendulaires composée d’ecclésiastiques et de laïcs. Cette foule invisible entre et sort chaque jour par les portes de la cité. La composition ethnique estimée en 2010 donnait 60 % de non-Italiens pour 40 % d’Italiens, reflet direct de l’universalité revendiquée par l’Église catholique.
| Catégorie | Nombre | Proportion |
|---|---|---|
| Population résidente totale | 453 personnes | 100 % |
| Citoyens vaticans résidents | 246 personnes | 54,3 % |
| Résidents étrangers | 207 personnes | 45,7 % |
| Soldats de la Garde suisse pontificale | 104 soldats | inclus ci-dessus |
| Cardinaux résidents | 17 | inclus ci-dessus |
La Garde suisse pontificale, un groupe emblématique parmi les habitants
Une institution pluriséculaire au recrutement exclusif
Impossible de parler des habitants du Vatican sans évoquer la Garde suisse pontificale. Depuis 1506, ce corps militaire recrute exclusivement dans les cantons suisses. C’est une règle qui n’a jamais été remise en question depuis plus de cinq siècles.
En 2025, la Garde compte 135 militaires répartis ainsi :
- 9 officiers
- 41 sous-officiers
- 85 hallebardiers
Pour mesurer l’évolution, rappelons qu’en 1977 l’effectif total ne dépassait pas 89 hommes. La croissance est significative et témoigne d’un renforcement progressif du dispositif sécuritaire de la cité.
Les familles de gardes suisses, une réalité peu connue
Ce que j’ignorais avant de creuser le sujet : certains gardes habitent le Vatican avec femme et enfants. En 2019, 20 gardes suisses vivaient sur place avec leur famille, et l’on dénombrait 20 enfants au total, dont neuf issus de seulement trois familles. Le pape François a modifié en 2019 les conditions d’autorisation au mariage des gardes suisses, rendant cela accessible plus tôt dans leur carrière.
Précision notable : les enfants des employés résidents perdent leur droit de résidence dès leur mariage. Cette règle illustre parfaitement la logique fonctionnelle qui régit toute la citoyenneté vaticane.
Combien d’habitants compte le Vatican ?
Une population fluctuante selon les années
Les chiffres varient d’une année à l’autre, parfois de façon spectaculaire. Voici un aperçu des données disponibles :
- 618 citoyens officiels recensés en février 2019, dont 246 résidents effectifs sur le territoire
- 764 habitants en 2023, soit un pic récent
- 525 habitants en 2024, montrant une baisse notable en l’espace d’un an
Ces variations ne reflètent pas une démographie classique. Elles traduisent immédiatement les nominations, départs et décès de personnes occupant des fonctions au service de l’Église catholique. Une population qui monte ou descend selon les décisions du pape, c’est un phénomène propre à ce seul État au monde.
La densité de population, un record mondial
Le Vatican couvre 0,439 kilomètre carré, ce qui en fait remarquablement le plus petit État du monde. Cette superficie infime, combinée à une présence humaine permanente, génère une densité supérieure à 1 000 habitants par kilomètre carré. Le Vatican figure ainsi parmi les territoires les plus densément peuplés de la planète, derrière Monaco et Singapour seulement.
- Monaco : densité la plus élevée du monde
- Singapour : deuxième rang mondial
- Vatican : troisième rang mondial estimé
Naissances, décès et vie familiale au Vatican
Des naissances rarissimes, des décès plus fréquents
La démographie vaticane présente des chiffres saisissants. Le taux de natalité moyen s’élève à 2,2 pour mille, contre un taux de mortalité de 11 pour mille. Résultat : un taux de variation naturelle négatif de moins 8,8 pour mille. En clair, on y meurt bien plus qu’on n’y naît.
En moyenne, une naissance par an seulement est enregistrée, généralement celle d’un enfant de garde suisse. Les décès, eux, sont cinq fois plus fréquents, avec une moyenne de cinq par an. Anecdote marquante : en 2016, la place Saint-Pierre a été le lieu de naissance accidentel d’une enfant, celle d’un couple de sans-abri roumain. Une naissance que personne n’avait planifiée dans ce lieu chargé d’histoire.
Des situations familiales exceptionnelles
Le Vatican a parfois accueilli des familles dans des circonstances extraordinaires. En 2015, une famille de quatre chrétiens syriens a résidé sur le territoire, rejointe en 2016 par une mère érythréenne et ses trois enfants. Ces situations, extraordinaires par définition, illustrent la capacité d’accueil symbolique de cet État théocratique, bien que sa superficie et ses règles le destinent à une population très restreinte.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux de natalité moyen | 2,2 pour mille |
| Taux de mortalité moyen | 11 pour mille |
| Variation naturelle | -8,8 pour mille |
| Naissances annuelles moyennes | 1 |
| Décès annuels moyens | 5 |
Comment appelle-t-on officiellement les habitants du Vatican ?
L’absence de gentilé reconnu
La réponse directe à la question qui nous occupe : il n’existe aucun gentilé officiel pour désigner les habitants de la Cité du Vatican. Cette absence est unique parmi les États du monde. Elle s’explique par la nature même de cet État théocratique : ses citoyens sont définis par leur fonction, non par leur appartenance territoriale.
Dans tous les pays, le gentilé découle d’un sentiment d’appartenance durable à un territoire, transmis de génération en génération. Or au Vatican, la citoyenneté est temporaire et révocable. Aucun habitant ne « naît » citoyen du Vatican. Cette logique institutionnelle rend le gentilé inutile, voire inadapté.
Les termes utilisés en pratique
Dans le langage journalistique et courant, plusieurs termes circulent pour désigner ces personnes. On rencontre ainsi :
- Vaticans (masculin pluriel)
- Vaticanais, parfois employé par analogie avec d’autres gentilés
- La formulation citoyens du Vatican, la plus précise
- La formulation résidents du Vatican, utilisée dans les textes officiels
Aucun de ces termes n’est reconnu officiellement. Dans les documents du Saint-Siège, la désignation repose systématiquement sur le statut ou la fonction : citoyen, résident, garde, cardinal. Le territoire ne suffit pas à définir qui on est, au Vatican.
L’organisation politique et administrative du Vatican et son impact sur ses habitants
Une gouvernance unique au monde
Le Vatican est une monarchie absolue théocratique. Le pape cumule le pouvoir spirituel et temporel, étant à la fois chef de l’Église catholique et chef d’État. C’est lui qui octroie et révoque la citoyenneté vaticane selon les besoins de l’institution. Aucun parlement, aucun vote : la souveraineté repose entièrement sur une seule personne.
Cette gouvernance explique immédiatement la composition de la population. L’État ne cherche pas à croître démographiquement ; il recrute des fonctionnaires ecclésiastiques et laïcs selon ses besoins. Les accords du Latran, signés en 1929 avec l’Italie, ont officialisé l’indépendance de cette enclave romaine et défini ses frontières actuelles. Ce cadre juridique exclusif garantit depuis près d’un siècle la souveraineté de ce modeste État.
La politique linguistique et culturelle au sein de la population
Avec 60 % de non-Italiens estimés en 2010, la Cité du Vatican est bien plus diverse qu’on ne l’imagine depuis l’extérieur. Le latin demeure la langue officielle pour les actes juridiques et liturgiques. L’italien, lui, sert de langue de communication au quotidien, naturellement, compte tenu de la proximité avec Rome et l’Italie.
Cette diversité culturelle enrichit la vie interne de l’État tout en reflétant la vocation universelle de l’Église catholique. Un garde suisse alémanique, un cardinal philippin et un fonctionnaire brésilien partagent le même espace de 0,439 kilomètre carré. Pour qui aime étudier les cultures du monde, cet État miniature représente, en quelque sorte, un concentré de l’humanité catholique.
- Le latin : langue officielle des textes juridiques et liturgiques
- L’italien : langue de communication courante entre résidents
- Le français et l’allemand : largement utilisés dans les services diplomatiques du Saint-Siège
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Photos à but illustratif et non représentatives

