Je me souviens encore de mon premier pas sur le sol ghanéen, cette sensation unique d’arriver dans un pays qui conjugue à la fois histoire captivante et modernité en plein essor. Le Ghana attire de plus en plus de voyageurs avec ses plages de sable fin, sa culture vibrante et son patrimoine historique riche. Mais comme pour toute destination africaine, Vous vous posez sûrement des questions légitimes sur votre sécurité. Si certains pays d’Afrique de l’Ouest font régulièrement la une des journaux pour des raisons d’instabilité, qu’en est-il réellement du Ghana ? Lors de mes multiples séjours dans ce attirant pays, j’ai pu constater une réalité bien différente des idées reçues. Passons en revue ensemble la situation sécuritaire actuelle, les précautions sanitaires essentielles, les particularités de chaque région et les conseils pratiques pour assurer votre sécurité durant votre voyage dans ce joyau de l’Afrique occidentale.
La situation sécuritaire actuelle : le Ghana, un pays relativement stable en Afrique de l’Ouest
Le Ghana se distingue comme l’un des pays les plus stables politiquement en Afrique de l’Ouest. Cette ancienne colonie britannique, indépendante depuis 1957, bénéficie d’une démocratie relativement solide avec des élections régulières et des transitions de pouvoir généralement pacifiques. En parcourant ses routes et ses villes, j’ai toujours été frappé par cette atmosphère de calme relatif qui contraste parfois avec certains de ses voisins.
Lorsqu’on parle de sécurité régionale, la comparaison avec les pays limitrophes s’impose naturellement. À l’ouest, la Côte d’Ivoire a connu des périodes de troubles politiques mais se stabilise progressivement. À l’est, le Togo présente un profil sécuritaire assez similaire au Ghana. C’est au nord que la situation se complique, avec un Burkina Faso confronté à des défis sécuritaires majeurs liés au terrorisme islamiste. Cette position géographique particulière influence directement les conditions de sécurité aux frontières septentrionales ghanéennes.
Lors de mon dernier voyage, les autorités locales et l’ambassade française recommandaient d’éviter les zones frontalières du nord, particulièrement avec le Burkina Faso, en raison de risques d’incursions de groupes armés. Si vous envisagez d’analyser le nord du pays, je ne saurais trop vous conseiller de consulter les avis de sécurité actualisés et d’éviter les déplacements nocturnes dans ces régions.
À Accra, la capitale dynamique du Ghana, comme dans toute grande métropole africaine, la petite délinquance existe. J’ai assisté à quelques tentatives de vol à la tire dans les marchés bondés comme celui de Makola. Les quartiers touristiques comme Osu ou Airport Residential sont généralement plus sécurisés, mais la vigilance reste de mise, particulièrement la nuit.
Un aspect parfois délicat concerne les contrôles policiers. Lors de mes déplacements entre villes, j’ai régulièrement été arrêté à des barrages routiers. Si la plupart des officiers sont professionnels, certains peuvent parfois suggérer des « arrangements » pour accélérer les contrôles. Je vous recommande vivement de rester courtois mais ferme, et d’avoir toujours vos papiers en règle pour éviter ces situations.
Risques sanitaires et précautions médicales indispensables avant le départ
Voyager au Ghana nécessite une préparation sanitaire rigoureuse. J’ai appris à mes dépens l’importance de ne rien négliger dans ce domaine. La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour entrer sur le territoire ghanéen. Les autorités exigent systématiquement la présentation du carnet international de vaccination à l’arrivée. Sans ce document, vous risquez soit d’être refoulé, soit de devoir vous faire vacciner sur place dans des conditions parfois hasardeuses.
Au-delà de cette obligation, plusieurs autres vaccinations sont fortement recommandées :
- La vaccination contre l’hépatite A et B
- Le rappel DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite)
- La vaccination contre la typhoïde
- La vaccination contre la méningite à méningocoques
- Le vaccin contre la rage pour les séjours prolongés
Le paludisme constitue un risque majeur au Ghana. Lors de mes séjours, j’ai toujours pris un traitement prophylactique adapté prescrit par mon médecin traitant ou un centre de vaccination internationale. La protection contre les moustiques devient une préoccupation quotidienne : répulsifs efficaces, vêtements longs dès le crépuscule et moustiquaire imprégnée sont les trois piliers de cette défense.
D’autres maladies comme la dengue, la fièvre de Lassa ou la bilharziose sont présentes dans le pays. Pour cette dernière, j’évite scrupuleusement la baignade en eau douce, notamment dans le lac Volta ou les rivières, malgré la tentation parfois grande par forte chaleur.
Mon expérience m’a appris à constituer une trousse médicale de voyage complète comprenant :
- Un traitement antipaludéen (conformément à la prescription médicale)
- Des médicaments contre les troubles digestifs
- Des antibiotiques à large spectre (sur prescription)
- Des antalgiques et antipyrétiques
- Du désinfectant et du matériel de premiers soins
Pour l’alimentation, je suis la règle simple mais efficace : « bouilli, cuit, pelé ou sinon laissé ». L’eau en bouteille capsulée reste ma seule source d’hydratation, même pour le brossage des dents.
Le système de santé ghanéen présente d’importantes disparités. Les grandes villes comme Accra disposent d’établissements privés de qualité correcte, mais les zones rurales souffrent d’un manque criant d’infrastructures médicales. En cas d’urgence, le numéro à composer est le 192 pour les ambulances. En revanche, comme en témoigne un récent séjour à Dakar au Sénégal où les précautions sanitaires sont similaires, il est prudent de disposer des coordonnées de cliniques privées recommandées par votre ambassade.
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Je ne saurais trop insister sur l’importance de souscrire une assurance rapatriement sanitaire solide, couvrant également les évacuations par avion sanitaire. Une hospitalisation sérieuse au Ghana peut nécessiter un transfert vers l’Europe ou l’Afrique du Sud, engendrant des coûts considérables.
Guide de sécurité par région : où aller et quelles précautions prendre
Au fil de mes voyages à travers le Ghana, j’ai pu constater que le niveau de sécurité varie considérablement selon les régions. Pour vous aider à y voir plus clair, voici un panorama des différentes zones du pays et leurs particularités sécuritaires.
La région côtière du sud, avec Accra comme capitale, constitue généralement la porte d’entrée la plus sûre pour découvrir le pays. Cette zone urbaine dynamique abrite les principaux quartiers d’affaires et touristiques. À Accra, je me déplace assez librement en journée dans des quartiers comme Osu, Cantonments ou Airport Residential Area. D’un autre côté, j’évite certains secteurs comme Nima ou James Town après la tombée de la nuit, où les risques de petite délinquance augmentent sensiblement.
La région côtière ouest, avec des joyaux comme Elmina, Cape Coast et leurs impressionnants forts coloniaux, offre un environnement généralement sécurisé pour les voyageurs. Les plages magnifiques de Busua et Axim figurent parmi mes coups de cœur dans cette région où je me suis toujours senti en sécurité, tout en maintenant une vigilance raisonnable concernant mes effets personnels.
Le centre du pays, dominé par la région d’Ashanti et sa capitale Kumasi, représente le cœur culturel du Ghana. La ville de Kumasi, deuxième plus grande du pays, nécessite les précautions habituelles des zones urbaines. Les marchés animés comme celui de Kejetia exigent une attention particulière pour éviter les pickpockets, mais l’accueil chaleureux des Ashantis compense largement ces désagréments potentiels.
C’est vers le nord que la situation sécuritaire devient plus complexe. Les régions frontalières avec le Burkina Faso connaissent une instabilité croissante due aux activités de groupes armés. Lors de ma dernière visite dans la région de Bolgatanga, j’ai remarqué une présence militaire renforcée. Si vous souhaitez découvrir le Parc National de Mole ou les villages traditionnels du nord, je vous recommande vivement de :
- Consulter les avis de sécurité les plus récents
- Voyager uniquement de jour
- Privilégier les excursions organisées avec guides locaux
- Éviter les zones frontalières, particulièrement avec le Burkina Faso
Les conditions climatiques influencent également la sécurité de vos déplacements. Le nord connaît un climat sec de type sahélien, avec des températures pouvant dépasser 40°C en saison chaude. Le sud-ouest, quant à lui, se démarque par un climat humide avec deux saisons des pluies. Ces différences climatiques peuvent affecter l’état des routes et la facilité de déplacement selon les périodes.
Pour un premier séjour, je conseille généralement l’itinéraire suivant qui combine découvertes culturelles et sécurité optimale :
- Accra et ses environs (2-3 jours)
- La côte ouest avec Cape Coast et Elmina (3-4 jours)
- Kumasi et la région Ashanti (2-3 jours)
- Le lac Volta et ses environs (2 jours)
Menaces courantes et comment les éviter pendant votre séjour
Au cours de mes multiples séjours au Ghana, j’ai pu identifier certaines menaces récurrentes auxquelles les touristes peuvent être confrontés. Fort heureusement, la plupart peuvent être évitées avec quelques précautions simples mais efficaces.
Les vols à la tire constituent sans doute le risque le plus fréquent dans les zones urbaines et touristiques. Les marchés bondés comme Makola à Accra ou Kejetia à Kumasi sont des terrains particulièrement propices à ce type de délits. J’ai pris l’habitude de porter un sac en bandoulière maintenu devant moi et de ne garder sur moi que le strict nécessaire : une petite somme d’argent, une copie de passeport et un téléphone basique.
Les arnaques ciblant spécifiquement les voyageurs prennent diverses formes. Certaines sont relativement inoffensives, comme la majoration des prix pour les étrangers, tandis que d’autres peuvent s’avérer plus préjudiciables. Parmi les plus courantes que j’ai rencontrées :
| Type d’arnaque | Comment l’éviter |
|---|---|
| Faux guides s’imposant à vous | Refuser poliment et fermement, préférer les guides recommandés par votre hébergement |
| Taxi sans compteur ou avec tarif « spécial » | Négocier le prix avant la course, utiliser des applications comme Uber disponibles à Accra |
| « Amis » proposant des affaires exceptionnelles | Éviter les offres trop belles pour être vraies, particulièrement dans le domaine des antiquités ou de l’or |
| Faux policiers demandant à voir passeport/argent | Exiger la présentation d’une carte professionnelle, proposer de les accompagner au poste de police le plus proche |
La corruption reste malheureusement présente, notamment lors des contrôles routiers. Face à des demandes de « cadeaux » ou « frais administratifs » non officiels, j’adopte une attitude courtoise mais ferme. Demander systématiquement un reçu pour toute somme exigée dissuade généralement les tentatives d’extorsion. Il est également utile de connaître les tarifs officiels des procédures administratives pour pouvoir contester poliment les demandes abusives.
Pour protéger mes documents et objets de valeur, j’applique quelques règles simples :
- Conserver l’original du passeport et la majorité des liquidités dans le coffre de l’hôtel
- Répartir l’argent dans différentes poches, avec une petite somme facilement accessible
- Utiliser une ceinture porte-billets sous les vêtements pour les trajets importants
- Ne jamais laisser d’objets de valeur visibles dans une chambre d’hôtel
Les transports locaux constituent également une source potentielle de risques. Les « tro-tro » (minibus collectifs) sont économiques mais souvent surchargés et peu fiables en termes de sécurité. Pour mes déplacements interurbains, je privilégie les compagnies de bus reconnues comme STC ou VIP, qui offrent un niveau de confort et de sécurité nettement supérieur pour un coût raisonnable.
Sur les routes ghanéennes, la prudence est de mise. L’état des infrastructures peut varier considérablement, et certains conducteurs adoptent des comportements imprévisibles. Si vous optez pour la location d’un véhicule, je recommande de :
- Choisir un véhicule adapté aux conditions locales, idéalement un 4×4 pour les zones rurales
- Éviter absolument la conduite de nuit
- Prévoir des marges confortables dans vos temps de trajet
- Vous munir d’une carte SIM locale avec données mobiles pour la navigation
Préparation optimale : checklist pour un voyage sécurisé au Ghana
Avant le départ
La préparation d’un voyage au Ghana commence bien avant l’embarquement. Mon expérience m’a appris que la qualité de cette phase préparatoire conditionne largement la sérénité du séjour. Voici les éléments essentiels à ne pas négliger.
Les formalités administratives constituent la première étape incontournable. Le visa pour le Ghana s’obtient soit auprès de l’ambassade ghanéenne en France, soit en ligne via le système « Ghana Immigration Service ». J’ai opté pour cette seconde solution lors de mon dernier voyage et j’ai apprécié la simplicité du processus. N’oubliez pas que votre passeport doit être valable au moins six mois après la date prévue de retour.
Côté santé, le certificat de vaccination contre la fièvre jaune est impérativement exigé à l’entrée sur le territoire ghanéen. J’ai également pris soin de vérifier mes autres vaccinations avec mon médecin traitant ou dans un centre de vaccinations internationales, idéalement 4 à 6 semaines avant le départ. La prophylaxie antipaludique représente aussi un élément crucial de cette préparation sanitaire.
L’enregistrement auprès du service Ariane du Ministère des Affaires Étrangères français est une démarche que j’effectue systématiquement. Elle permet d’être contacté en cas de crise majeure dans le pays et de recevoir des alertes sécuritaires pertinentes. J’ai également pris l’habitude de noter les coordonnées complètes de l’ambassade de France à Accra :
- Adresse : Plot N°1, Joseph Tetteh Oquaye Street, Airport Residential Area, Accra
- Téléphone : +233 302 21 45 50
- Urgence (en dehors des heures d’ouverture) : +233 560 95 77 60
La souscription à une assurance voyage complète représente un investissement crucial. Je m’assure toujours qu’elle couvre non seulement les frais médicaux sur place, mais également les opérations de recherche et sauvetage ainsi que le rapatriement sanitaire par avion. Certaines cartes bancaires offrent des couvertures, mais elles sont souvent insuffisantes pour un pays comme le Ghana.
Ma préparation comprend également la collecte d’informations actualisées sur la situation locale. Mes sources privilégiées incluent :
- Le site France Diplomatie et sa fiche « Conseils aux voyageurs » pour le Ghana
- Les forums de voyageurs spécialisés sur l’Afrique de l’Ouest
- Les réseaux sociaux et groupes d’expatriés français au Ghana
- Les actualités récentes concernant le pays et la région
Pendant le séjour
Une fois sur place, maintenir une communication efficace devient essentiel. Dès mon arrivée à l’aéroport d’Accra, j’achète systématiquement une carte SIM locale avec un forfait data. Les principaux opérateurs (MTN, Vodafone, AirtelTigo) offrent des formules avantageuses pour les touristes. Cette connexion locale facilite l’utilisation d’applications de navigation et de traduction, tout en permettant de rester joignable à moindre coût.
Je garde toujours à portée de main une liste de contacts d’urgence incluant :
- Les numéros d’urgence locaux : 191 (police), 192 (ambulance), 193 (pompiers)
- Les coordonnées de l’ambassade et du consulat français
- Le contact de mon assurance assistance/rapatriement
- L’adresse et le numéro de téléphone de mon hébergement
Le respect des coutumes locales joue un rôle majeur dans la prévention des incidents. Les Ghanéens sont généralement accueillants mais attachés à certaines conventions sociales. J’ai appris à :
- Saluer les personnes rencontrées, le respect étant une valeur fondamentale
- Demander la permission avant de photographier des personnes ou certains lieux
- M’habiller modestement, particulièrement dans les zones rurales et religieuses
- Utiliser la main droite pour manger, recevoir ou donner des objets
Au quotidien, quelques habitudes simples contribuent grandement à ma sécurité. Je veille à ne pas exhiber de signes extérieurs de richesse, à éviter les déplacements nocturnes dans les zones peu fréquentées et à informer régulièrement mes proches de mes déplacements et activités.
La gestion de mon argent suit également quelques règles strictes. Je privilégie les retraits dans les distributeurs situés dans les banques ou centres commerciaux, jamais en pleine rue ou la nuit. Je conserve uniquement de petites sommes en liquide sur moi et j’utilise les paiements électroniques quand c’est possible, notamment via le système « Mobile Money » très répandu au Ghana.
Enfin, je reste constamment informé de l’évolution de la situation locale en consultant régulièrement les sites officiels et en échangeant avec les résidents et autres voyageurs. Cette vigilance proactive m’a souvent permis d’anticiper des difficultés potentielles et d’adapter mon programme en conséquence.
Avec ces précautions et une attitude respectueuse, mes voyages au Ghana se sont toujours déroulés sereinement, me permettant de profiter pleinement des richesses culturelles et naturelles exceptionnelles que ce intriguant pays d’Afrique de l’Ouest a à offrir.
Photos à but illustratif et non représentatives

