Ksamil en Albanie : plages, îles et sites à découvrir

Plage méditerranéenne bondée avec parasols, baigneurs et voiliers ancrés

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Niché à deux kilomètres de la frontière grecque et juste en face de Corfou, Ksamil est sans doute l’un des secrets les mieux gardés de la Méditerranée — du moins, jusqu’à ce que j’y pose les pieds pour la première fois. Ce petit village de la Riviera albanaise m’a littéralement coupé le souffle avec ses eaux d’un bleu limpide, ses plages de sable immaculé et ses îles flottant à quelques coups de pagaie du rivage. L’Albanie possède des centaines de kilomètres de côtes encore préservées, et Ksamil en concentre le meilleur.

Ksamil, le joyau méconnu de la côte albanaise

À 15 kilomètres au sud de Saranda, Ksamil jouit d’une réputation grandissante parmi les amateurs de plages européennes — et pour cause. Le village cumule plus de 300 jours de soleil par an et affiche les précipitations les plus faibles de tout le pays. Résultat : une eau translucide, idéale pour la plongée avec tuba, des fonds sableux parfaits pour les enfants, et une atmosphère bien plus détendue que celle des grandes stations balnéaires de la région.

Ce qui me plaît surtout ici, c’est le contraste saisissant entre la sérénité du village et la richesse de son environnement immédiat. Des montagnes imposantes serrent Ksamil de près, des oliveraies s’étendent vers l’intérieur, et des îles inhabitées surgissent de la mer turquoise. J’y ai séjourné six jours complets et, croyez-moi, chaque journée apportait son lot de découvertes.

Rejoindre Ksamil depuis Saranda — options et tarifs

Depuis Saranda, trois options s’offrent à vous. En voiture ou en taxi, comptez 15 à 20 minutes via la route SH81 qui descend immédiatement vers la côte. Le taxi revient à environ 5 €, ce qui reste très raisonnable. Si vous préférez les transports en commun, le bus part de la place Mère Teresa à Saranda et atteint Ksamil en 30 minutes pour seulement 100 lek — soit moins d’un euro.

Petit conseil que j’ai appris à mes dépens : en juillet et août, le bus peut être bondé à craquer. Mieux vaut alors monter à l’arrêt situé à l’intersection de la rue Jonianet et de la rue Mitat Hoxha, près du port, plutôt qu’à la place principale. Le bus marque un arrêt à hauteur du grand arbre — vous ne pouvez pas le rater.

Où loger à Ksamil selon votre budget et vos envies

Pour ceux qui veulent se réveiller à quelques mètres du rivage, Ksamil surpasse largement Saranda en termes de proximité avec la mer. L’hôtel Denoel figure parmi mes favoris absolus : emplacement exclusif, infrastructures récentes et plage privée accessible directement depuis l’établissement. L’hôtel Delight propose une formule similaire, avec sa propre plage réservée aux clients — un avantage non négligeable en pleine saison.

Pour une expérience premium, le Poda Boutique Ksamil représente ce qui se fait de mieux dans le village : piscine, plage privée, vues spectaculaires sur les îles. En revanche, si vous recherchez les bars, la vie nocturne et l’animation, Saranda reste plus adaptée — il suffit de rejoindre Ksamil dans la journée.

Plage paradisiaque avec bateaux et falaises rocheuses

Ce qu’il faut absolument voir autour de Ksamil

Six jours peuvent sembler longs pour un si petit village. Pourtant, les environs de Ksamil regorgent d’excursions qui méritent chacune une journée entière. La stratégie que j’adopte — alterner bains de soleil matinaux et explorations en après-midi, pour ne jamais saturer ni les plages ni les sites historiques.

Les îles de Ksamil : un archipel à portée de kayak

Quatre petites îles inhabitées se découpent face à la plage principale de Ksamil. Ce sont elles qui donnent au village sa silhouette si caractéristique. Les deux plus célèbres, surnommées les îles jumelles, se touchent presque — une fine langue de sable les relie, bordée d’une végétation dense qui évoque davantage les Caraïbes que la Méditerranée. Toutes font partie du parc national de Butrint, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les couchers de soleil depuis ces îles comptent parmi les plus beaux que j’aie jamais photographiés. Il faut absolument y rester jusqu’à la tombée de la nuit.

Des îles sous haute surveillance pendant l’ère communiste

L’histoire de ces îles réserve une page sombre et captivante. Sous le régime communiste albanais, les îles Ksamil constituaient une zone strictement interdite à la population. Leur position face à Corfou en faisait un point de surveillance stratégique et une frontière symbolique avec le monde occidental. Le gouvernement les utilisait à deux fins bien précises — la culture d’herbes médicinales et des parties de chasse réservées aux hauts fonctionnaires, avec des cerfs et des chèvres sauvages lâchés sur place.

Après la chute du régime, deux des quatre îles ont subi des incendies et des constructions illicites. Pour stopper cette dégradation, les îles ont obtenu le statut de monument naturel albanais en 2002.

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Comment accéder aux îles Ksamil ?

Plusieurs formules permettent de rejoindre les îles. Le pédalo revient à environ 10 €, le kayak ou le canoë à 7 € environ. Les nageuses et nageurs aguerris peuvent atteindre à la nage les îles les plus proches du rivage. Pour une approche plus confortable, une excursion en bateau organisée reste l’option la plus complète.

Couloir de ruines romaines avec arches et végétation

Butrint : le site archéologique de l’UNESCO à 20 minutes

À seulement 20 minutes en bus depuis Ksamil — ou 10 minutes en voiture — le parc national et archéologique de Butrint attire à chaque visite. J’y suis retourné deux fois, et j’y retournerai. Ce site antique, habité depuis la préhistoire, a successivement été dominé par les Grecs puis les Romains avant de traverser le Moyen Âge sans jamais tout à fait disparaître.

L’entrée coûte 700 lek et la visite dure facilement deux à trois heures. Un théâtre antique pouvant accueillir plus de 2 500 spectateurs se dresse toujours debout — et sert encore aujourd’hui pour des événements culturels. Plus haut dans le site, le temple d’Asclépios, l’Acropole, une basilique du VIe siècle et la Porte des Lions s’enchaînent le long d’un parcours sinueux. Le château sommital abrite un musée dédié aux objets de l’âge du fer et du Moyen Âge, avec une vue imprenable sur le lac de Butrint.

Si la chaleur n’est pas trop accablante, la promenade à pied depuis Ksamil mérite le détour : elle traverse des oliveraies centenaires et longe des baies d’une tranquillité absolue. Une légende locale veut que Butrint soit l’emplacement de l’Atlantide engloutie — difficile de rester indifférent à cette idée en déambulant parmi ces ruines.

Excursion en bateau — examiner les plus belles criques de la région

Les excursions en bateau au départ de Ksamil durent environ six heures et représentent l’une des meilleures façons de découvrir le littoral albanais sous son meilleur angle. L’itinéraire classique inclut plusieurs escales remarquables :

  • La plage de Ftele : la plus méridionale d’Albanie, juste avant la frontière grecque, probablement la plus préservée de toutes
  • La crique de Buka — zone de pêche traditionnelle, loin de l’agitation touristique
  • Pema e Thate : sable blanc immaculé, eaux peu profondes, idéale pour les familles

Ces excursions partent généralement tôt le matin depuis la plage principale. Je vous conseille de réserver la veille en haute saison, les places partant vite.

Crique rocheuse avec plage bondée, parasols bleus, mer turquoise

Les trois plages indispensables autour de Ksamil

La plage du Monastère

Nichée au creux de collines verdoyantes, cette plage doit son nom au monastère Saint-Georges perché sur les hauteurs et abordable à pied. Petite et relativement discrète, elle se distingue grâce à ses plongeoirs installés directement sur les rochers en bordure d’eau. Un endroit que j’affectionne particulièrement pour sa tranquillité, même en été.

La plage du Miroir

Son nom dit tout — le soleil, en frappant les parois calcaires de la falaise, se réfléchit sur la surface de l’eau et crée un effet de miroir saisissant. La route pour y accéder est cahoteuse — comme beaucoup de routes albanaises, il faut l’admettre — mais le spectacle vaut largement les quelques secousses. Un lido est installé sur place pour plus de confort.

La plage de Pema e Thate

À environ 6 kilomètres de Ksamil, Pema e Thate signifie littéralement « la plage de l’arbre mort ». Ce nom poétique fait référence à un vieux tronc plusieurs fois centenaire qui se dressait autrefois dans les eaux peu profondes. Cette plage constitue aussi le point albanais le plus rapproché de l’île de Corfou. Fond entièrement sableux, eau calme et faible profondeur : parfait pour les familles avec enfants.

L’Œil bleu — une source mystérieuse en forêt

Sur la route qui relie Ksamil à Gjirokastra, la source de l’Œil bleu (Syri i Kaltër en albanais) surgit au milieu d’une forêt bruissante de libellules. L’eau, d’un bleu électrique presque irréel, remonte depuis une grotte souterraine dont la profondeur reste à ce jour inconnue — les plongeurs les plus expérimentés n’ont jamais touché le fond. La comparaison avec un iris humain est immédiate et troublante.

Ce site ne ressemble à rien d’autre que j’aie vu en Europe. La couleur de l’eau change selon la lumière et l’heure de la journée, passant d’un bleu royal à un turquoise presque translucide. L’accès est facile et gratuit, à courte distance de la route principale.

Gjirokastra : la cité de pierre classée au patrimoine mondial

Comptez environ deux heures de route depuis Ksamil pour rejoindre Gjirokastra, l’une des deux villes-musées d’Albanie avec Berat. Cette cité ottomane perchée sur un flanc de montagne intrigue par ses maisons traditionnelles en pierre grise, dont plusieurs ouvrent leurs portes aux visiteurs. Le fort qui domine la ville offre une vue panoramique à couper le souffle sur toute la vallée du Drino.

Après avoir sillonné les ruelles pavées et étudié la forteresse, le bazar de Gjirokastra invite à une halte gourmande dans l’un des nombreux restaurants traditionnels. Une journée suffit pour en saisir l’essentiel, mais la ville mérite qu’on y revienne. Si votre itinéraire vous emmène ensuite vers d’autres grandes destinations méditerranéennes — une visite à Madrid avec ses monuments et musées immanquables par exemple — vous retrouverez ce même plaisir de déambuler dans une ville chargée d’histoire.

Questions fréquentes sur Ksamil

Faut-il une voiture pour se déplacer à Ksamil ?

Pour rester à Ksamil sans quitter le village, une voiture n’est pas indispensable. En revanche, dès que vous souhaitez analyser Butrint, l’Œil bleu ou Gjirokastra, un véhicule devient nettement plus pratique. Si vous arrivez avec votre propre voiture depuis l’étranger, une assurance obligatoire est à souscrire à la frontière ou au port. Les routes albanaises sont globalement en mauvais état, et la conduite locale est assez agressive — gardez-le en tête.

Quel est le meilleur moment pour visiter Ksamil ?

Entre mai et octobre, les températures sont très agréables. Juillet et août sont les mois les plus fréquentés, avec des plages parfois bondées. Pour profiter d’une atmosphère plus calme, avril-mai ou octobre s’avèrent idéaux, avec des températures autour de 20 °C. En dehors de la haute saison, Ksamil retrouve une solitude presque totale — un luxe rare pour un site aussi beau.

Vaut-il mieux dormir à Ksamil ou à Saranda ?

Après avoir testé les deux, ma préférence va clairement à Ksamil. Le village est plus authentique, la mer est accessible immédiatement depuis la plupart des hébergements, et l’atmosphère est nettement plus reposante. Saranda reste facilement abordable en journée. Cela dit, si vous cherchez l’animation nocturne, les restaurants en bord de rue et la vie urbaine, Saranda conviendra mieux comme base.

La plage de Ksamil est-elle loin de Saranda ?

Non. Ksamil se trouve à environ 15 kilomètres de Saranda, soit 10 à 15 minutes en taxi (environ 10 €) ou 30 minutes en bus pour moins d’un euro. La connexion entre les deux est fréquente et simple, même sans voiture.

Comment prendre le bus entre Saranda et Ksamil ?

Le bus part de la place Mère Teresa à Saranda, pour un trajet de 20 à 30 minutes au prix de 100 lek. En été, le bus est souvent plein dès le départ — mieux vaut monter à l’arrêt de la rue Jonianet, près du port, où le véhicule marque une halte à hauteur du large arbre.

Comment organiser votre séjour à Ksamil ?

Prévoir au minimum trois à quatre nuits permet de couvrir l’essentiel : plages principales, îles en kayak, Butrint et l’Œil bleu. Pour Gjirokastra, comptez une journée complète supplémentaire. Réservez votre hébergement à l’avance en juillet et août, les meilleurs établissements affichant complet rapidement.

Romain
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Photos à but illustratif et non représentatives

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