Palawan figure régulièrement dans les palmarès des plus belles îles du monde, et je comprends pourquoi — ses paysages karstiques spectaculaires, son eau turquoise à couper le souffle et ses fonds marins peuplés de coraux multicolores en font une destination de rêve absolu. Pourtant, dès qu’on évoque les Philippines, une ombre plane sur l’enthousiasme des voyageurs : la sécurité. Terrorisme, kidnapping, criminalité… les mises en garde se multiplient et peuvent décourager même les plus aventureux. Mais entre la réputation anxiogène et la réalité du terrain, il existe souvent un fossé considérable. Des millions de visiteurs parcourent chaque année les plages de Puerto Princesa, les lagons d’El Nido et les épaves de Coron sans rencontrer le moindre problème. Voici ce que vous devez vraiment savoir pour démêler le vrai du faux, et voyager sereinement dans cet archipel remarquable.
Les véritables risques à Palawan et aux Philippines : ce que vous devez vraiment savoir
Terrorisme et instabilité politique — où se situent les vraies zones à risque ?
Le risque terroriste aux Philippines est réel, mais géographiquement très délimité. Il serait inexact — et franchement injuste envers cette destination — de confondre l’ensemble du pays avec ses zones de conflit. L’archipel Basilan-Sulu-Tawi-Tawi et certaines parties de Mindanao concentrent l’essentiel des tensions — Zamboanga, Maguindanao, Lanao del Sur, Lanao del Norte, North Cotabato, Sultan Kudarat, Sarangani et South Cotabato sont officiellement déconseillés par le ministère français des Affaires étrangères.
Le groupe Abu Sayyaf est responsable d’attentats à la bombe, d’enlèvements et d’exécutions d’étrangers dans ces zones précises. Les îles du sud de Palawan — notamment Balabac, Quezon et Rizal — sont également officiellement déconseillées en raison d’un risque de kidnapping documenté. Ces restrictions concernent des territoires éloignés des circuits touristiques classiques.
Puerto Princesa, El Nido, Port Barton et Coron sont, elles, considérées comme des destinations sûres. J’ai moi-même traversé ces régions sans jamais ressentir la moindre menace. Une comparaison que des voyageurs ont formulée mérite d’être citée — sur une décennie, les attentats terroristes ont fait davantage de victimes à Paris, Nice et Bruxelles qu’aux Philippines pour un touriste circulant dans les zones autorisées. Ce recul statistique change la perspective.
La Nueva People’s Army (NPA), branche armée du parti communiste philippin, opère dans le centre et nord de Luzon ainsi que sur les îles de Samar, Leyte, Masbate, Negros et Mindoro. Cette organisation n’a pas de visées internationales et ne cible pas spécifiquement les touristes étrangers, même si des victimes collatérales restent théoriquement possibles.
Criminalité du quotidien : pickpockets, arnaques et précautions élémentaires
La criminalité ordinaire mérite attention sans pour autant virer à l’obsession sécuritaire. Les vols à l’arraché et les petits délits constituent les risques les plus fréquents, particulièrement à Manille dans les quartiers de Malate, Burgos (Poblacion) et Ermita. Les pickpockets ciblent les touristes peu attentifs dans les zones très fréquentées.
Un risque plus insidieux a été signalé : la pratique consistant à droguer les boissons des voyageurs, notamment pour les femmes voyageant seules. Ne jamais accepter une boisson offerte par un inconnu reste une règle absolue. Le ministère français des Affaires étrangères estime que 95% des risques d’être victime d’un attentat involontaire peuvent être évités simplement en évitant les transports en commun bondés et les lieux très animés.
Voici les précautions élémentaires recommandées par les autorités consulaires :
- Ne pas afficher de signes ostentatoires de richesse (bijoux voyants, téléphones de valeur sortis inutilement)
- Éviter de transporter de grandes quantités d’argent liquide sur soi
- Refuser systématiquement les boissons offertes par des inconnus, surtout en soirée
- Rester vigilant dans les quartiers touristiques animés de Manille
Risques en mer et dans les transports : ferries, routes et piraterie
Les traversées maritimes entre les îles méritent une attention particulière. Des accidents de ferries surviennent en raison du non-respect des normes de sécurité, et les courants marins le long des côtes dentelées de l’archipel peuvent surprendre les imprudents. Les services de secours restent peu développés dans les zones reculées.
La piraterie représente un risque documenté au large de Mindanao, Sulu, des Célèbes et du sud de Palawan. Pour les trajets classiques entre Puerto Princesa, Port Barton, El Nido et Coron, les voyageurs les empruntent quotidiennement sans incident majeur. Le ferry Manille-Coron avec la compagnie 2GO Travel dure 15 heures pour 2 300 pesos par personne. Entre El Nido et Coron, le fast boat prend 4 heures, le slow boat entre 7 et 8 heures pour 1 200 pesos. Location de scooter 125cm³ : entre 450 et 600 pesos par jour pour analyser l’île à votre rythme.
Santé, climat et conseils pratiques pour voyager à Palawan en toute sérénité
Vaccins, paludisme et maladies tropicales : ce qu’il faut anticiper avant de partir
Aucun vaccin n’est obligatoire pour entrer aux Philippines. Plusieurs vaccinations restent néanmoins fortement conseillées : hépatite A, hépatite B, fièvre typhoïde, encéphalite japonaise selon les régions visitées, et rage. Ces recommandations varient selon votre itinéraire précis — consultez un médecin spécialiste en médecine des voyages au moins six semaines avant le départ.
Le paludisme est présent à Palawan, Mindoro, Sulu, Negros et Mindanao. Un traitement préventif comme la Malarone — ou la Lariam comme alternative — est conseillé selon votre profil médical. Boracay, en revanche, est exempte de paludisme. La dengue et le chikungunya circulent dans l’archipel, raison supplémentaire de se protéger des piqûres de moustiques en journée.
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Concernant l’hépatite A, une épidémie a été signalée à El Nido dans le passé et aurait été dissimulée par les autorités locales. Cette anecdote, qui m’a été rapportée par plusieurs voyageurs aguerris, illustre l’importance de ne pas négliger sa vaccination avant le départ. Les établissements hospitaliers hors des grandes villes dispensent des soins de qualité limitée et exigent généralement des frais avant toute prise en charge. Une assurance voyage complète n’est pas une option : c’est une nécessité absolue. Pour voyager en sécurité dans un pays étranger au système de santé fragile, les mêmes réflexes s’appliquent partout.
Typhons, séismes et aléas climatiques : quand et comment voyager prudemment
La saison des pluies s’étend de mai à décembre aux Philippines. Les typhons peuvent causer des destructions importantes aux infrastructures, bloquer les liaisons maritimes entre les îles et rendre certains trajets en van ou en bateau extrêmement périlleux. Début janvier reste particulièrement délicat à Camiguin.
Les Philippines comptent parmi les pays les plus exposés au monde aux séismes et aux tsunamis en raison de leur position sur la ceinture de feu du Pacifique. Le volcan Taal sur Luzon est actif et peut montrer des signes d’activité imprévisibles. Privilégiez la période de janvier à avril pour visiter Palawan — la beauté naturelle de l’île se révèle dans des conditions optimales, et les excursions en bateau vers les snorkeling spots et les paysages de carte postale s’effectuent dans de bien meilleures conditions.
Aller à Palawan sans se ruiner et sans mauvaise surprise
Entre 2018 et 2024, les prix ont considérablement évolué. Les hébergements à Port Barton, qui démarraient autour de 25 à 60 euros la nuit en 2016-2017, ont vu leurs tarifs grimper significativement. À Coron, les excursions reviennent à environ 750 pesos par personne repas compris, plus 300 pesos pour le lac Kayangan. El Nido attire des foules toujours plus denses — overcrowding qui modifie parfois ce coin de paradis en destination saturée.
Côté visa, un séjour inférieur à 30 jours ne nécessite aucune formalité. Une extension de 29 jours supplémentaires coûte 3 020 pesos, soit environ 55 euros, auprès des bureaux d’immigration de Cebu, Puerto Princesa ou Dumaguete. Le délai d’attente varie de 30 minutes à 3 heures selon le bureau choisi.
Entre février 2018 et février 2019, des dizaines de témoignages convergent : aucun incident de sécurité signalé dans les zones touristiques de Palawan. Les Philippins, unanimement décrits comme souriants, accueillants et d’une gentillesse rare, rendent chaque expérience mémorable. La vraie menace pour votre voyage à Palawan ? La foule croissante à El Nido et la tentation de suivre la troupe touristique au lieu d’visiter Port Barton, ce village discret qui reste mon coup de cœur absolu dans tout l’archipel.
Photos à but illustratif et non représentatives


