Moins adorée qu’Annecy, cette ville savoyarde au bord de l’eau est un havre de paix méconnu

Petit village suisse avec maisons traditionnelles, bateaux et montagnes enneigées

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Elle longe un lac immense, s’étire entre thermes Belle Époque et jardins fleuris, et pourtant peu de voyageurs pensent à y poser leurs valises. Cette cité savoyarde au bord de l’eau vit dans l’ombre d’une voisine plus célèbre, injustement éclipsée. Mérite-t-elle vraiment cette discrétion ? Voici ce que j’ai découvert en m’y attardant plus longtemps que prévu.

Une ville savoyarde au bord du lac, loin des foules

Aix-les-Bains. Le nom évoque les cures thermales et les dames en chapeau du début du XXe siècle, mais guère plus pour la plupart des gens. Pourtant, quand je suis arrivé sur les rives du lac du Bourget pour la première fois, j’ai eu le souffle coupé. Ce lac, remarquablement le plus grand lac naturel de France avec ses 4 450 hectares, déploie un panorama que je n’attendais pas à ce point.

Annecy concentre les regards, les influenceurs et les files d’attente depuis des années. Elle est belle, certes, indéniablement. Mais Aix-les-Bains, à seulement 34 kilomètres au nord, suggère quelque chose de fondamentalement différent : l’espace, le silence, et une certaine élégance qui n’a pas besoin de se montrer. Les quais du lac restent respirables même en juillet. Les terrasses ne débordent pas sur les trottoirs. On peut s’asseoir et regarder l’eau sans être bousculé.

Le lac du Bourget lui-même mérite qu’on s’y attarde. Ses eaux passent du gris-acier au bleu profond selon l’heure. Les massifs de la Chambotte et du Chat le surplombent, créant ce sentiment d’être au fond d’un écrin naturel que la Savoie sait si bien fabriquer. J’ai pris une barque un matin, sans destination précise, et c’est là que j’ai compris pourquoi Lamartine avait écrit son célèbre poème « Le Lac » en 1820 en pensant à ces eaux-là. Cette inspiration n’est pas anodine.

Un patrimoine thermal et architectural qui surprend

Ce que j’aime spécialement dans cette ville, c’est la cohérence architecturale de son centre. Les thermes nationaux, inaugurés en 1934 dans un style Art déco remarquable, dominent la ville avec une autorité tranquille. Ils accueillent chaque année environ 30 000 curistes, ce qui en fait l’un des établissements thermaux les plus fréquentés de France — un chiffre qui étonne quand on mesure à quel point la ville reste discrète.

Au détour d’une rue, j’ai découvert le casino Grand Cercle, une bâtisse du XIXe siècle qui aurait très bien pu figurer dans un roman de Maupassant. Les villas Belle Époque se succèdent dans les quartiers résidentiels, témoins d’une époque où l’aristocratie européenne venait ici se refaire une santé et une réputation. Cette histoire bourgeoise et cosmopolite donne à la ville une texture particulière, très éloignée du pittoresque alpin standardisé qu’on retrouve parfois ailleurs.

Le musée Faure mérite également le détour. Installé dans une villa dominant la ville, il conserve une collection impressionniste de premier rang, avec des Cézanne, des Rodin et des Degas. Peu de villes de cette taille — moins de 30 000 habitants — peuvent se targuer d’un tel patrimoine artistique. Je me souviens d’être resté un long moment devant une aquarelle de Cézanne, seul dans la salle, ce qui ne serait certainement pas arrivé à Annecy un samedi après-midi.

Randonnées et paysages : la Savoie à portée de main

Si vous cherchez à dépasser la promenade lacustre — ce qui, franchement, vaut aussi le voyage en soi — les environs d’Aix-les-Bains révèlent une Savoie moins connue mais tout aussi saisissante. Le massif du Revard, accessible en voiture depuis la ville en moins de vingt minutes, offre des panoramas à 360° sur les Alpes. Par temps clair, le Mont-Blanc apparaît à l’horizon comme une évidence.

J’ai passé une journée entière à étudier les gorges du Sierroz, ce réduit cours d’eau qui dévale vers le lac en creusant un canyon miniature dans la roche calcaire. L’atmosphère y est humide, verte, presque mystérieuse. Cela m’a rappelé ces vallées encaissées aux lacs cristallins qui font la fierté de la Savoie et que l’on n’associe pas forcément à cette région depuis l’extérieur.

Le lac de Carouge, moins connu que le Bourget, se cache à quelques kilomètres. Ses eaux calmes et son isolement en font un spot parfait pour qui cherche à s’éloigner de tout. J’y suis allé un jeudi matin : pas un touriste, juste des locaux et des hérons. Ce type de découverte, c’est exactement ce que je viens chercher quand je voyage.

Séjourner à Aix-les-Bains : ce qu’il faut savoir avant de venir

Aix-les-Bains se rejoint facilement depuis Lyon en TGV en moins d’une heure, ou depuis Chambéry en vingt minutes. Cette accessibilité tranche avec l’image reculée que certains pourraient avoir de la ville. Elle est connectée, pratique, et ne demande pas une organisation complexe.

Pour l’hébergement, l’offre thermale est naturellement présente, avec plusieurs établissements proposant des séjours bien-être autour des eaux chaudes. Mais on peut aussi simplement venir pour quelques nuits sans programme thermal, flâner sur les rives du lac, grimper vers le Revard ou s’aventurer vers des stations de montagne qui, comme certains massifs alpins, évoquent l’atmosphère des villages suisses avec leurs chalets en bois et leurs prairies.

Ce que j’ai compris en quittant la ville, c’est qu’Aix-les-Bains ne cherche pas à séduire. Elle n’a pas besoin de filtres Instagram ni de slogans. Elle existe juste, pleinement, avec ses eaux, son architecture et son calme assumé. Et c’est précisément pour cela qu’elle vaut le déplacement.

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Romain
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Photos à but illustratif et non représentatives

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