Le terme pharaon dérive de l’égyptien ancien per-aâ, littéralement « grande maison ». Ce mot désigne le roi ou la reine de l’Égypte antique, souverain absolu d’une civilisation qui intéresse encore aujourd’hui. 345 pharaons nous sont connus grâce aux attestations et aux listes royales compilées par les scribes, sur une période s’étendant de 3150 à 30 avant notre ère — soit plus de trois millénaires de royauté ininterrompue. Selon les Ægyptiaca de Manéthon, grand-prêtre d’Héliopolis, cette vaste durée se découpe en trente dynasties. Les égyptologues les regroupent ensuite en séquences majeures : l’Ancien Empire, le Moyen Empire et le Nouvel Empire, chacun séparé par une Période intermédiaire de troubles.
Les origines de la royauté pharaonique et l’unification des Deux Terres
La période prédynastique et les premières cités rivales
Tout commence dans les villages du Nil. Durant la période prédynastique, les lignages se fédèrent progressivement pour former des entités territoriales plus vastes, les sepat — ou nomes en grec. Ces 42 nomes, d’abord territoires tribaux autonomes, deviennent sous les premières dynasties des divisions régionales administrées par un fonctionnaire appelé le nomarque.
Vers 3300 avant notre ère, à la fin de la période Nagada II, trois cités de Haute-Égypte rivalisent de puissance : Noubt, Nekhen et Thinis. Imaginez trois capitales régionales se disputant la suprématie sur un territoire long de plusieurs centaines de kilomètres. L’influence des souverains de Haute-Égypte s’étend alors du sud jusqu’en Basse-Nubie et au nord jusqu’à la Palestine méridionale, dans les environs de l’actuelle Gaza.
Narmer et la fondation du premier État territorial
L’unification s’accomplit vers 3150 avant notre ère, sous le règne de Narmer, premier roi de la Ire dynastie. Sur une empreinte de sceau, il porte l’épiclèse Mén(y), signifiant précisément « Celui qui établit l’État ». Cette figure correspond à la figure semi-légendaire de Ménès évoquée par Hérodote, qui le présente comme le premier roi à résider à Memphis.
Le débat entre égyptologues reste vif. Pour le Belge Philippe Derchain, Mény est un nom inventé a posteriori pour doter les annales d’un père fondateur. Pour le Français Jean Vercoutter, il s’agit d’un roi légendaire associé ultérieurement aux dieux Min et Amon. Quelle que soit la vérité, deux facteurs socio-économiques majeurs expliquent l’émergence du régime pharaonique : l’achèvement du processus de néolithisation avec l’abandon du nomadisme au profit de l’agriculture sédentaire, et le développement du commerce de l’ivoire, de l’or et de la poterie depuis le Soudan jusqu’à la Palestine.
Les symboles et l’idéologie du pouvoir royal en Égypte antique
Les regalia et la titulature sacrée
Le couronnement d’un pharaon ne relève pas du simple protocole. C’est un acte sacré. Lors de cette cérémonie, le roi reçoit des emblèmes magiques : couronnes, coiffes et sceptres chargés d’une puissance divine. Il acquiert simultanément une titulature sacrée complexe, constituée de cinq noms officiels qui définissent son identité royale et divine.
Ce pouvoir divin se confirme chaque année lors des célébrations du nouvel an. Plus solennellement encore, la fête-Sed marque les trente ans de règne. C’est une démonstration spectaculaire de la vitalité royale, destinée à renouveler la légitimité du souverain aux yeux des dieux et des hommes.
La Maât, fondement idéologique de la monarchie
La Maât n’est pas qu’un concept abstrait. C’est l’idéologie de référence qui légitime toutes les institutions et tous les comportements humains. Maintenir l’ordre du monde, combattre le mal (isfet), voilà la mission première du pharaon. Sans cela, les divinités — qui « vivent de Maât » — se détournent de l’Égypte.
Le roi concentre en sa personne les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Il est à la fois prêtre suprême, administrateur principal, chef des armées et premier magistrat. Il délègue l’exécution de ses décisions à une hiérarchie de courtisans, dont le premier est le vizir. Les dérives despotiques lui restent théoriquement interdites par la Maât elle-même. Né humain mais d’essence divine, il incarne Horus sur le trône des vivants, puis Osiris après sa mort, et se définit comme fils de Rê selon la théologie solaire d’Héliopolis ou fils d’Amon selon le mythe thébain.
L’Ancien Empire et le Moyen Empire : l’âge des pyramides et de la littérature
L’Ancien Empire, apogée des grandes pyramides
De 2700 à 2200 avant notre ère, l’Ancien Empire représente la plus longue période de stabilité politique connue par l’Égypte. La centralisation de l’État et la création d’une administration efficace atteignent leur maturité sous les pharaons des IIIe et IVe dynasties.
| Pharaon | Dynastie | Site | Hauteur |
|---|---|---|---|
| Djéser | IIIe | Saqqarah | 62 m |
| Khéops | IVe | Gizeh | 147 m |
| Khéphren | IVe | Gizeh | 144 m |
| Mykérinos | IVe | Gizeh | 66 m |
Sous Ounas, à la fin de la Ve dynastie, les chambres funéraires s’ornent des Textes des pyramides, considérés comme les plus anciens écrits religieux de l’humanité. Un trésor littéraire et spirituel que l’on peut encore admirer aujourd’hui à Saqqarah.
Après le long règne de Pépi II, mort nonagénaire, la monarchie s’effondre vers 2200 avant notre ère. L’anarchie s’installe. Les pyramides et les nécropoles royales sont pillées, les momies des pharaons jetées dans le Nil. Manéthon, avec une pointe d’ironie, affirme que la VIIe dynastie voit défiler soixante-dix rois en soixante-dix jours — une exagération qui illustre le chaos réel de cette première Période intermédiaire.
Le Moyen Empire, foisonnement littéraire et réformes administratives
La réunification s’accomplit sous Montouhotep II, ouvrant le Moyen Empire de 2033 à 1786 avant notre ère. L’apogée de cette période correspond à la XIIe dynastie, lancée par Amenemhat Ier après l’éviction de Montouhotep IV. Sept pharaons s’y succèdent sur quelque deux cents ans — une stabilité remarquable.
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Les Sésostris marquent cette époque de leur empreinte. Sésostris III verrouille la Nubie par des forteresses stratégiques et réduit l’autonomie des nomarques. Sur le plan culturel, les Sagesses de ce temps encouragent les élites au loyalisme et à la piété. Les pyramides continuent d’être érigées, désormais en brique avec revêtement calcaire, à Dahchour, Licht, Saqqarah, Mazghouna et Hawara, entre 50 et 105 mètres de hauteur.
Le Nouvel Empire : l’apogée militaire et les grandes dynasties guerrières
Les pharaons guerriers des XVIIIe, XIXe et XXe dynasties
De 1540 à 1070 avant notre ère, soit près de cinq cents ans, l’Égypte vit une expansion militaire sans précédent. Trois lignées se succèdent : la XVIIIe dynastie des Amenhotep et Thoutmôsis, puis les XIXe et XXe dynasties des Séthi et Ramsès.
- Thoutmôsis Ier étend les frontières jusqu’à l’Euphrate au nord.
- Thoutmôsis III remporte la célèbre bataille de Megiddo contre une coalition syrienne.
- Séthi Ier lance de nouvelles campagnes en Syrie-Palestine face aux Hittites.
- Ramsès II signe le traité de Qadesh, premier traité de paix connu de l’histoire.
- Ramsès III repousse les Peuples de la mer qui menaçaient l’ensemble du Proche-Orient.
La prospérité du trésor royal repose sur d’notables tributs versés par les peuples soumis. Les constructions gigantesques abondent : Karnak, Louxor, Abydos, Abou Simbel. Ces pharaons renoncent aux pyramides et se font inhumer dans de profonds hypogées creusés dans la montagne thébaine — la célèbre Vallée des Rois. C’est là qu’Howard Carter, en 1922, découvre le tombeau intact de Toutânkhamon, avec son sarcophage en or et ses trésors stupéfiants.
Les crises et le déclin progressif du Nouvel Empire
Le Nouvel Empire n’est pas exempt de fractures internes. Amenhotep III laisse pressentir une réforme religieuse qu’Akhenaton impose brutalement — le culte exclusif d’Aton, au détriment d’Amon et du reste du panthéon. L’expérience tourne court et laisse l’État largement désorganisé.
Horemheb, puis Séthi Ier et Ramsès II remettent la monarchie sur pied. Mais après Mérenptah, les rivalités dynastiques reprennent. Séthi II voit son pouvoir contesté dans le sud par Amenmes. Ramsès IV à Ramsès XI règnent dans un climat de grande corruption. Le grand-prêtre Hérihor finit par incarner une sorte de pseudo-pharaon, tandis que les souverains, installés à Pi-Ramsès dans le nord, perdent toute emprise sur Thèbes.
De la Troisième Période intermédiaire à la Basse Époque : rivalités et dominations étrangères
Les dynasties libyennes, nubiennes et la fragmentation du pouvoir
Entre 1069 et 945 avant notre ère, deux lignées rivales se partagent l’Égypte. À Tanis, Nesbanebdjed Ier (Smendès) fonde la XXIe dynastie. À Thèbes, les prophètes d’Amon exercent le pouvoir religieux et politique. Psousennès Ier, fils du grand-prêtre Pinedjem, devient le plus illustre pharaon tanite de ce temps.
De 945 à 850 avant notre ère, des souverains d’origine libyenne prennent les rênes. Sheshonq Ier fonde la XXIIe dynastie à Bubastis et marche jusqu’à Jérusalem avant de poursuivre Jéroboam en Israël. Osorkon II relance l’activité architecturale à Memphis, Thèbes et Éléphantine. Mais les rivalités entre princes mènent à l’anarchie libyenne de 850 à 730 avant notre ère, avec jusqu’à cinq roitelets se disputant simultanément le titre de pharaon.
La XXVe dynastie nubienne, issue de Napata, tente alors de réunifier le pays. Chabaka fait ériger de nombreux monuments à Memphis, Abydos, Dendérah, Esna et Edfou. Ces souverains, très attachés à leur terre d’origine, se font inhumer dans de petites pyramides à la nécropole d’El-Kourrou, près de Napata.
Les invasions assyriennes et la renaissance saïte
671 avant notre ère. Les Assyriens d’Assarhaddon pénètrent en Égypte sous le règne du nubien Taharqa et s’emparent de Memphis. En 663 avant notre ère, Assurbanipal met en déroute l’armée de Tanoutamon et pille Thèbes de ses trésors cultuels. Un traumatisme qui marque durablement la mémoire égyptienne.
La renaissance vient de Saïs. Psammétique Ier règne de 664 à 610 avant notre ère. Il réunifie l’Égypte grâce à des mercenaires ioniens, cariens, doriens et juifs, puis s’assure le contrôle de la Thébaïde en nommant sa fille Nitocris Divine adoratrice d’Amon. Le pays s’ouvre au commerce méditerranéen avec la Phénicie et les cités grecques. Les artistes copient les œuvres de l’Ancien et du Moyen Empire. En 605 avant notre ère, Nabuchodonosor II inflige à Nékao II une défaite à Karkemish qui met fin à la domination égyptienne sur la Palestine.
Les derniers pharaons de souche égyptienne sont Nectanébo Ier (380 à 362 avant notre ère) et Nectanébo II (360 à 343 avant notre ère), originaires de Sebennytos. Ce dernier, vaincu par Artaxerxès III à Péluse, s’enfuit en Nubie où sa trace se perd. C’est la fin de l’Égypte indépendante.
| Période | Puissance dominante | Durée |
|---|---|---|
| 343–332 av. n. è. | Perses (XXXIe dynastie) | 11 ans |
| 332–323 av. n. è. | Alexandre le Grand | 9 ans |
| 323–30 av. n. è. | Ptolémées (lagides) | Plus de 300 ans |
Les pharaonnes : les femmes qui ont accédé au trône d’Égypte
Hatchepsout et Néférousobek, les plus attestées
Sur 345 pharaons ayant gouverné l’Égypte, seules cinq femmes ont réussi à accéder à la charge suprême. C’est peu — et pourtant, leurs règnes restent parmi les plus marquants. Hatchepsout, de la XVIIIe dynastie, demeure la plus célèbre.
Fille de Thoutmôsis Ier et épouse de Thoutmôsis II, elle devient régente du très jeune Thoutmôsis III après le décès de son époux. La septième année de régence, elle s’empare du pouvoir et établit une titulature royale à part entière. Elle règne jusqu’à sa mort, vingt-deux ans plus tard. Son temple funéraire de Deir el-Bahari reste l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture égyptienne. Ses parois relatent l’expédition navale vers le mystérieux pays de Pount — un voyage commercial dont j’aurais aimé retrouver la trace lors d’un périple en Égypte.
Néférousobek, de la XIIe dynastie, représente un cas incontestable. Fille d’Amenemhat III, elle succède à Amenemhat IV et règne trois ans et dix mois selon le Canon royal de Turin. Son règne marque la fin de la XIIe dynastie. Sa sépulture est une petite pyramide à Mazghouna.
Les pratiques matrimoniales et la place des femmes dans la famille royale
Le harem royal, placé sous les ordres de la Grande épouse royale, rassemble de nombreuses concubines. Le pharaon pratique des unions rituelles incestueuses et des mariages diplomatiques pour sceller des alliances. Ces usages, étranges au regard d’aujourd’hui, obéissent à une logique religieuse et politique cohérente.
- Hatchepsout (XVIIIe dynastie) : vingt-deux ans de règne, temple de Deir el-Bahari.
- Néférousobek (XIIe dynastie) : trois ans et dix mois, pyramide à Mazghouna.
- Ânkh-Khéperourê (XVIIIe dynastie) : règne hypothétique de trois ans, vers 1338–1335 avant notre ère.
- Taousert (XIXe dynastie) : probable petite-fille de Ramsès II, temple funéraire à Thèbes.
- Une cinquième pharaonne dont l’identité reste débattue parmi les égyptologues.
Les listes royales et les sources pour retracer la chronologie des pharaons
Les principales listes royales de l’Égypte antique
Reconstituer la succession des pharaons sur trois millénaires réclame des sources multiples et complémentaires. Cinq documents majeurs permettent d’établir cette chronologie royale.
Le Canon royal de Turin, rédigé sous la XIXe dynastie, constitue le témoignage le plus précieux. À l’origine, il comportait plus de 300 noms rédigés en écriture hiératique très soignée, avec pour chaque règne la durée exacte en années, mois et jours. Malheureusement, ce papyrus a été gravement endommagé au XIXe siècle lors de son transport vers le Musée égyptologique de Turin — une catastrophe archivistique qui fait encore grincer des dents les spécialistes.
- La Pierre de Palerme (Ve dynastie) — gros fragment en diorite, partagé entre Palerme, le Musée égyptien du Caire et le Petrie Museum de Londres.
- La Liste de Karnak (règne de Thoutmôsis III) : démantelée en 1843, conservée au Musée du Louvre, mentionnant une soixantaine de pharaons.
- La première table d’Abydos — toujours in situ dans le temple de Séthi Ier, représentant Séthi Ier et Ramsès II rendant hommage à 76 prédécesseurs.
- La deuxième table d’Abydos — issue du temple de Ramsès II, ses fragments sont conservés au British Museum de Londres.
La table de Saqqarah et l’apport de Manéthon
La table royale de Saqqarah provient de la chapelle funéraire du scribe royal Tjounroy. Sur ses 58 cartouches d’origine, 47 sont encore lisibles, d’Adjib de la Ire dynastie jusqu’à Ramsès II. Auguste Mariette la découvre en 1861 ; elle est depuis exposée au Musée égyptien du Caire.
Manéthon, historien et grand-prêtre d’Héliopolis au IIe siècle avant notre ère, apporte une contribution structurante. Ses Ægyptiaca divisent l’histoire en trente dynasties, un cadre que les égyptologues utilisent encore aujourd’hui comme référence de base.
| Document | Époque | Lieu de conservation | Contenu |
|---|---|---|---|
| Canon royal de Turin | XIXe dynastie | Musée de Turin | Plus de 300 noms avec durées |
| Pierre de Palerme | Ve dynastie | Palerme / Caire / Londres | Souverains prédynastiques à la Ve dynastie |
| Liste de Karnak | XVIIIe dynastie | Musée du Louvre | Environ 60 pharaons |
| Table d’Abydos (Séthi Ier) | XIXe dynastie | Temple de Séthi Ier | 76 prédécesseurs |
| Table de Saqqarah | Époque ramesside | Musée du Caire | 47 cartouches préservés |
Alexandre, les Ptolémées et la transmission du titre pharaonique
332 avant notre ère. Alexandre le Grand pénètre en Égypte sans rencontrer de résistance sérieuse. Le satrape perse Mazakès livre le pays. Alexandre se rend aussitôt à l’oasis de Siwa, où un oracle le reconnaît comme fils d’Amon et légitime pharaon. Ce geste symbolique est essentiel : il inscrit le conquérant macédonien dans la continuité d’une tradition millénaire.
Après la mort d’Alexandre en 323 avant notre ère, le diadoque Ptolémée, fils de Lagos, s’empare de l’Égypte. Il fonde une période ptolémaïque longue de plus de trois siècles, de 323 à 30 avant notre ère. Quatorze de ses descendants portent le nom de Ptolémée. Leurs reines — les Bérénice, Arsinoé et Cléopâtre — jouent un rôle politique déterminant au sein de mariages consanguins codifiés.
- Ptolémée Ier (Lagos) : fondateur de la lignée, installé à Alexandrie.
- Cléopâtre VII : dernière reine ptolémaïque, partenaire politique de Jules César.
- Ptolémée XV, dit Césarion : fils de Jules César et Cléopâtre VII, ultime représentant de l’institution pharaonique.
Si vous vous intéressez aux symboles nationaux hérités des grandes civilisations antiques, sachez que les couleurs utilisées dans les emblèmes modernes portent parfois des héritages insoupçonnés — à ce titre, les drapeaux bleus et blancs de nombreux pays recèlent une histoire symbolique tout aussi riche. L’Égypte ptolémaïque, implantée à Alexandrie et tournée vers la Méditerranée grecque, amorce ce dialogue entre symboles orientaux et influences helléniques qui marque encore notre patrimoine visuel commun.
Ptolémée XV est assassiné en 30 avant notre ère sur ordre d’Octave Auguste, mettant un terme définitif à plus de trois millénaires de royauté pharaonique. Une longévité institutionnelle sans équivalent dans l’histoire humaine — et une aventure que je ne me lasse pas de parcourir, monument après monument, stèle après stèle.
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Photos à but illustratif et non représentatives


